Accueil du site / Home_fr / Actualités / Vie de la Maison des Auteurs / Dazibao 17 : un barème des prestations ponctuelles

La Scam fait paraître un barème des prestations ponctuelles pour auteurs de l’écrit et traducteurs. Une manière de répondre aux questions : "Que demander pour l’animation d’un atelier d’écriture ? La préparation d’une conférence ?" Le barème vise à généraliser la rémunération de ce type de prestations. Pourquoi le mettre à disposition des auteurs aujourd’hui ? Réponse dans l’éditorial de Tanguy Roosen pour le Dazibao 17, qui accompagne cette parution.

Être rémunéré pour les prestations ponctuelles, une nécessité aujourd’hui

Plus qu’hier, être auteur nécessite aujourd’hui une forme de présence auprès du public. Il y a la prolifération des publications ou des diffusions d’œuvres, qui impose aux auteurs de distinguer leur travail, les réseaux sociaux où ils doivent trouver leur "visibilité", et la diversité des publics qu’ils cherchent à rencontrer.

Dans le même temps, la Scam observe que la rémunération des auteurs stagne, voire diminue, d’année en année. Les récentes études sur la situation des auteurs littéraires évoquées dans le dossier de ce Dazibao sont de cruels rappels de ce constat. Par chance, nous assistons aussi à la multiplication de salons, de foires, de rencontres ou d’ateliers qui sont autant de possibilités pour un auteur de rencontrer le public, d’échanger avec lui. Malheureusement, de nombreux médiateurs culturels considèrent que le temps consacré à la préparation de l’intervention, au déplacement, à la rencontre, quelle que soit sa nature, est un temps de promotion. L’auteur ne devrait pas être rémunéré ou défrayé pour ces heures soustraites à la création. Par conséquent, le coût de ce temps (l’absence de revenus) a été longtemps supporté par l’auteur, ce qui n’est plus acceptable.

Un Barème qui n’est pas un tarif obligatoire, mais une référence, fruit de l’agrégation de pratiques reconnues dans le secteur.

Afin de faire reconnaître la valeur de ce travail, certaines catégories d’auteurs plus sollicitées que d’autres ont élaboré depuis plus de 30 ans des barèmes couvrant un large éventail de prestations. Ces barèmes sont devenus des références acceptées, tout comme le barème de la Sofam pour l’usage de photographies s’est imposé avec le temps. Ils aident les auteurs à être rémunérés et défrayés pour le travail et les frais exposés.

Sensibles à cette situation, les pouvoirs publics de la Fédération Wallonie-Bruxelles ont compris ce double enjeu : permettre aux publics de rencontrer des auteurs et s’assurer que ces derniers soient rémunérés pour cette prestation : « Journalistes en classe », « Écrivains en classe » et « Cinéastes en classe » sont des initiatives plus ou moins récentes qui rencontrent ce double objectif. Elles ne couvrent malheureusement qu’une partie du spectre des prestations effectuées. C’est pourquoi la Scam propose aujourd’hui un barème, le plus complet possible, destiné aux auteurs et aux traducteurs littéraires. Avec la SACD, elle étendra prochainement cette référence aux auteurs de spectacle vivant et aux auteurs de l’audiovisuel.

La diversité des situations sociales et fiscales des auteurs nécessite une attention toute particulière sur ce point : le paiement des prestations se fera-t-il sous forme d’honoraires pour prestations occasionnelles, de salaires, de droits d’auteur lorsque la prestation est liée à l’exécution de l’œuvre ? Chaque cas nécessite une discussion et un aménagement de la situation.

Tanguy Roosen

Dans la même rubrique

Liens utiles