Trois autrices ont été élues au Comité belge de la SACD lors de la dernière assemblée générale. Elles vous représentent au titre de l’audiovisuel et du spectacle vivant. Qui sont elles ? Et que proposent-elles de défendre ? Éléments de réponse.

Ariane Buhbinder, élue au titre du spectacle vivant

Bio express

Après des études littéraires, musicales puis de mise en scène à l’INSAS Bruxelles, Ariane Buhbinder n’a cessé d’œuvrer dans le domaine de la création depuis 1983 en Europe et durant 10 ans au Québec (au sein du Théâtre de Carton dont elle a assumé la direction artistique de 1989 à 1994).
Particulièrement sensible à l’univers de l’enfant, elle a fondé à Bruxelles en 1996, la compagnie de théâtre jeune public « L’anneau » qui lui permet de développer un langage propre et une orientation spécifique à l’intention de ce public qui lui tient à cœur. Par son action, elle contribue ainsi au développement d’une dramaturgie originale pour le jeune public.
Metteur en scène, auteur, compositeur, conceptrice, elle a signé à ces titres divers de nombreux projets théâtraux qui ont été, pour la plupart, largement diffusés en Communauté Française, en Suisse, en France ou au Québec.

Pourquoi elle a souhaité vous représenter

" Auteur, metteur en scène et directrice artistique, l’importance du soutien aux écritures et aux auteurs m’a toujours tenu particulièrement à cœur.

Favorable à toutes les mesures stimulant l’émergence de plumes audacieuses, surprenantes, ludiques, contemporaines autant que sensibles, j’ai défendu toute initiative allant dans ce sens tout au long de mon parcours professionnel. (…)

La question des conditions bien souvent précaires et aléatoires dans lesquelles doivent œuvrer les auteurs et les créateurs en général, rejoint mes préoccupations et interrogations quotidiennes. Les pouvoirs publics comme les producteurs doivent continuer à être sensibilisés à cette réalité en vue d’améliorer la reconnaissance et le contexte dans lequel s’effectue ce travail, et cela, alors que nos sociétés vacillent entre les extrêmes, alors que se creusent toujours davantage les écarts sociaux. (…)

Je suis de ce fait pleinement intéressée à collaborer au travail de la SACD pour la promotion, le soutien, la défense des droits des auteurs et à y mettre à profit mon expérience et ma connaissance plus spécifique du secteur Théâtre jeunes publics. "

Barbara Sylvain, élue au titre du spectacle vivant

Bio express

Barbara Sylvain est une fille du Nord de la France, née en Anjou, qui aime traverser la Manche en bateau, pester contre le vent et observer les poissons dans un aquarium.
Elle vit et travaille à Bruxelles.
Un diplôme de droit international en poche, elle change ce cap si bien tracé pour le théâtre et se forme à l’Ecole Lassaad (enseignement de J. Lecocq). Elle participe à des ateliers sous la direction d’Isabella Soupart, Marcel Crémer, Agnès Limbos et Ingrid von Wantoch Rekowski, assiste à la mise en scène de plusieurs créations théâtre et à la réalisation de films de cinéma.
Elle réalise des performances où se mêlent vidéo et création sonore.
Elle collabore comme actrice à la création de plusieurs pièces de théâtre / danse notamment.
En 2010, elle co-fonde avec Lula Béry la compagnie " Oh my god " avec qui elle crée un duo théâtral bicéphale : It’s so nice.
Elle s’investit régulièrement dans des actions pédagogiques pour l’introduction du théâtre à l’école en collaboration avec le Centre Dramatique pour la Wallonie, l’Enfance et la Jeunesse et mène des ateliers avec le Théâtre de la Montagne Magique et le Théâtre les Tanneurs.

Pourquoi elle a souhaité vous représenter

" (…) Je suis membre de la SACD depuis 2011 et suis très sensible aux actions qui y sont menées.

Réfléchir ensemble, stimuler les pensées créatives, faire fuser les idées, bouger les lignes et ouvrir d’autres voies tels des alpinistes arpentant une montagne aux accès parfois (très) ardus ! Oui, je serais ravie de pouvoir prendre part à cette noble tâche. (…)

Je me rends compte à quel point il est riche et stimulant de partager ses expériences et ses connaissances, d’être dans le dialogue avec d’autres auteurs/autrices, de confronter ses points de vue et d’inventer ensemble de nouvelles formes de soutien. "

Delphine Noels, élue au titre de l’audiovisuel

Bio express

Delphine Noels est née à Liège en 1973.
Les chemins qui l’ont menée au cinéma sont sinueux et pour le moins étonnants.
En 1990, elle suit les cours de candidature en philologie orientale (pour apprendre à décrypter les hiéroglyphes) à l’Université de Liège. Ensuite, elle s’inscrit à l’Académie des Beaux Arts (en peinture) de Liège et obtient son diplôme en 1996. C’est alors qu’elle s’oriente définitivement vers le cinéma en s’inscrivant à l’INSAS d’où elle sortira en 2001 munie d’un diplôme de réalisation.
Elle est simplement passée des langues mortes à une langue vivante, mais son centre d’intérêt est resté le même : la face cachée, cryptée, obscure des choses.
En 2005 et 2007, elle réalise ses premiers courts métrages : 1 Clé pour 2 et Ni oui ni nom, tous les deux multi-primés en festivals.
Son premier long métrage : Post-Partum, un thriller sur la maternité, est sorti en 2013.

Pourquoi elle a souhaité vous représenter

" (…) Nous le savons tous, mener une vie d’auteur est extrêmement difficile. En tant que femme célibataire avec deux enfants à charge, j’affirme qu’en mener une d’auteure relève quasiment de la mission impossible. C’est pourtant le défi que, mue par nécessité intérieure, je me suis imposé. Il a transformé ma vie en un combat quotidien, combat qui a éveillé et affûté ma conscience politique. (…)

Je me suis activée politiquement lorsque, il y a quelques années d’ici, le dit “statut des artistes” (quel pléonasme !) a été torpillé par le gouvernement de l’époque. (Souvenons-nous : les techniciens du cinéma ont été menacés d’en être éjectés et son accès en a été rendu quasi impossible aux jeunes. C’est à cette époque aussi que l’ONEM s’est mise à persécuter de manière accrue une bonne partie d’entre nous en nous contraignant à accepter des emplois dits “convenables” ou à rembourser les droits d’auteurs que nous avons perçus). Avec quelques collègues, Véronique Jadin, Marie Chaduc (des femmes, comme par hasard), nous avons tenté de travailler à faire pression sur les politiques pour qu’ils arrêtent le carnage. C’est ainsi qu’a été créée l’association Hors Champ ( ), association des métiers du cinéma. Hors Champ a travaillé à réinvestir les syndicats, fait connaître nos positions par l’intermédiaire de cartes blanches publiées dans le journal Le Soir et par nos interventions à la cérémonie des Magritte. Dans ce travail, des collaborations ont été créées avec la SACD, l’ARRF et ProSpere.

J’ai également collaboré à la création d’un festival de femmes ainsi que d’une école de cinéma à Alger. Je me suis aussi beaucoup investie dans la défense de Keywan Karimi, un cinéaste iranien condamné à un an de prison et 223 coups de fouets pour avoir réalisé son dernier documentaire sur les graffitis de Téhéran. Et dans un cadre beaucoup plus large, (dans un souci de “convergence des luttes”, comme on dit), j’ai travaillé à la création du mouvement citoyen Tout Autre Chose.

Mon souci de travailler à défendre l’art, les artistes et tout particulièrement les auteurs et les auteures est réel. Il reste mon souci premier. J’ai de l’énergie à revendre quand je mène ce type de combat. Etre élue au sein de la SACD a du sens pour moi parce que ça s’inscrit dans une démarche de plusieurs années. _ Ce serait un plaisir pour moi de consacrer cette énergie à travailler à ce que les auteurs puissent être reconnus dans tous les sens du terme. Autant sur le plan de la reconnaissance de leurs droits d’auteurs que de leurs droits sociaux et de leur création. Un énorme combat doit être mené aussi (et c’est un combat qui me tient particulièrement à cœur) sur le plan de la reconnaissance du travail de la création en Belgique. Cette dernière est tellement sous-financée (quand elle l’est parce qu’il faut bien reconnaître qu’il n’est pas rare qu’elle ne le soit pas du tout) ! Nous, auteurs et auteures belges, avons le droit et le devoir d’exister. Nous avons un véritable rôle à jouer dans les temps difficiles qui sont les nôtres. "

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