La SACD et Scam ont été décerné leurs prix annuels. Attribués par les membres des Comités belges, ils mettent en valeur des parcours exigeants.

La SACD et la Scam ont remis leurs prix annuels. À chacun, les Comités belges des deux sociétés ont tenu à rendre hommage.

Prix SACD

Prix SACD Spectacle vivant, Isabelle Pousseur

"On peut faire « théâtre de tout » disait (le metteur en scène) Antoine Vitez, tout le travail d’Isabelle Pousseur s’inscrit dans cette voie, celle d’une confiance absolue dans le théâtre … C’est à partir de cette confiance, radicale, que la metteuse en scène, – qu’elle est depuis plus de 30 ans – a fait naitre une œuvre foisonnante, originale et exigeante, marquée par une recherche continue… Romans, Essais, textes journalistiques, récits biographiques … cheminent dans son parcours au même titre que Shakespeare ou Sophocle, que Lars Noren ou Koffi Kwahulé… C’est aussi cette quête qui aura menée Isabelle Pousseur à la création du Théâtre Océan Nord, un lieu de recherche qu’elle a mis à disposition de dizaines d’artistes, et qui est devenu, au fil des années, un espace d’expérience et d’émergence, fondamental dans le paysage théâtral belge. Dans tous ces choix, dans toutes ces créations, quelque chose se dit d’une certaine idée du théâtre : d’où qu’elles viennent, chaque histoire, chaque vie – événement ou détail - peuvent s’élever à la dignité du récit."

Prix SACD Chorégraphie, Thomas Hauert et la compagnie ZOO.

"Fluidité, précision et imaginaire sont les mots qui définissent la perception que nous avons du travail de Thomas Hauert. Danseur et chorégraphe totalement investit par sa danse, il alterne les pièces solo, duo et les pièces de groupes. Il organise par sa pratique de l’improvisation, un univers dansant poétique, structuré et généreux. Nous saluons par ce prix son travail chorégraphique, sans oublier l’importance de ses "complices", les membres de sa compagnie qui le suivent dans l’effervescence de ses créations chorégraphiques et de ses nombreuses tournées."

Prix SACD Radio, Isabelle Dumont et Candy Saulnier pour Come, come

Parce que dans le chaos du monde, au milieu des cris et des alarmes, on a encore besoin de se faire piéger par la douceur. Nous avons été envoutés par les voix de Candy Saulnier et Isabelle Dumont, deux sirènes qui débarquent dans l’océan mouvementé de la fiction radiophonique. Avec Come Come, elles vous embarquent dans une traversée mythologique et poétique à la recherche des dernières chimères. A l’arrivée, les sirènes, vous y croirez, vous aussi."

Prix SACD Audiovisuel, Bénédicte Liénard pour Le Chant des hommes

"Du temps a passé depuis son premier long métrage de fiction : le temps d’autres films, documentaires, et le temps d’autres choses de la vie aussi, pas moins importantes. Mais ce cinéma-là ne se laisse pas oublier. D’Une part du ciel au Chant des hommes - le film qu’elle vient de réaliser avec Mary Jimenez - Bénédicte Liénard, ancrée dans le réel et le regard tourné vers l’utopie, nous a embarqués dans un cinéma qui nous épate, nous grandit, nous touche profondément. Nous sommes heureux de récompenser son engagement, sa liberté et son grand talent de cinéaste."

Prix Scam

Prix Scam de consécration audiovisuel, Éric Pauwels

"Il est l’un des réalisateurs les plus énigmatiques du cinéma belge. Cinéaste de l’intime tout autant que des cultures tribales, profane fasciné par le sacré, artiste intransigeant travaillé par l’altérité tout autant que par la place du cinéaste dans le monde, il a exploré de nombreux champs cinématographiques, et pourtant son œuvre est d’une étonnante cohérence. C’est tout simplement que la liberté du regard est son ciment. Dans son dernier documentaire, Les films rêvés, son père spirituel, le vieux maître Jean Rouch lui confie : « un tournage, c’est comme quand on joue avec un chien. Il faut jeter une chose qu’il aime et qu’il peut venir vous rendre. C’est cela le cinéma ». La passation, la transmission ont toujours été à la base de sa création. Comme le chien du cinéaste, c’est donc un juste retour des choses que nous ramenions vers lui un peu de ce qu’il a lancé au monde. Le comité de la SCAM est très heureux de décerner le prix de la consécration à Éric Pauwels."

Prix Scam de consécration littéraire, Alain Berenboom

"L’œuvre et la vie d’Alain Berenboom se placent sous le signe du métissage, à commencer par ses origines – un père polonais et une mère estonienne, de culture juive – jusqu’à ses fonctions et ses goûts : avocat au barreau de Bruxelles, autorité internationale dans le domaine du droit d’auteur, professeur à l’ULB, il est aussi chroniqueur impertinent au journal Le Soir, amateur de bande dessinée et grand cinéphile, fan de Woody Allen autant que de Dashiell Hammett. Ses récits, ceux d’un vrai conteur, transforment les imbroglios politiques de la Belgique et d’ailleurs (du Congo à la Chine en passant par la Wallonie italienne et la Pologne) en intrigues de polars, en farces sarcastiques ou en récits mémoriels, comme Monsieur Optimiste, prix Rossel 2013. A ce jour il a à son actif dix romans, dont deux primés par l’Académie, et quatre recueils de nouvelles. L’humour avec lequel il traite les sujets les plus graves lui est une philosophie autant qu’une arme salutaire. Un homme aux talents multiples, dont la modestie n’a d’égal que l’engagement."

Prix Scam du documentaire, Nicolás Rincón Gille pour sa trilogie documentaire Campo hablado dont le dernier volet Noche Herida vient de sortir

"Campo hablado. Comment faut-il traduire ces mots ? Champ parlé, paroles des champs, chant de paysans ? CHUUT ! Ecoutez. Ceux qui attendent dans l’obscurité/ L’étreinte du fleuve/ la Nuit blessée. Dans le champ, Carmen, Magdalena, Blanca. Le regard de Nicolás Rincón Gille sur un monde en train de disparaitre. Des paysans, des femmes qui luttent, qui vivent. La dignité des déplacés et l’issue qui n’est jamais donnée. Hors-champ : la violence, monstrueuse toujours. Noche Herida, le dernier volet de la trilogie de Nicolás Rincón Gille conclut quatre heures de films, à peu près dix ans de travail… L’occasion pour nous de dire merci Nicolás ! Merci pour la patience, l’attention. Merci pour les brèches et les lignes de force qu’ouvrent tes histoires. Merci de nous donner à voir l’inattendu, l’inaperçu, l’émotion d’une voix, d’un regard… tout ce qui fait notre commune humanité."

Prix Scam du documentaire radiophonique, Sarah Fautré, Eric Collard et Marc Monaco pour ToxCity

"Entrer dans Toxcity, c’est s’ouvrir à une pratique de la radio qui se veut libre Marcher dans Toxcity, c’est faire une plongée de trois heures dans une polyphonie liégoise d’où émerge une approche riche, lucide et complexe de la toxicomanie Se poser dans Toxcity, c’est se prendre d’amitié pour ces personnes, les tox, qu’on croise dans la rue et qu’on évite du regard. Errer dans Toxcity, c’est se perdre dans une histoire, celle du Liège de ces 30 dernières années, une histoire où se raconte la résistance, l’abandon, l’enfer et l’amour de la vie. Sortir de Toxcity, c’est revenir d’un voyage au long cours avec un conscience plus aigüe de notre humanité. Repenser à Toxcity, c’est remercier du fond du coeur Sarah Fautré, Eric Collard et Marc Monaco pour cette très belle réalisation et c’est leur accorder le prix Scam du meilleur documentaire radiophonique."

Prix Scam Textes & Images, Céline Fraipont et Pierre Bailly pour Petit Poilu

"Apparu en 2007, le personnage de Petit Poilu - un enfant dont l’intrépidité n’a d’égale que la capacité à s’étonner de tout - n’en finit pas de se balader dans des BD aux ambiances burlesques, souvent saupoudrées de fantastique et de pas mal de tendresse. Aux crayons : Pierre Bailly, un créateur qui ne perd pas une occasion de mettre à profit toutes les virtualités de son mode d’expression. Ainsi Petit Poilu fonctionne-t-il sur le principe d’histoires sans paroles, qui nécessitent une parfaite maîtrise de la grammaire des images, afin de garantir qu’elles vont être comprises par de tout jeunes "lecteurs". Drôle d’idée, que de décerner un prix Textes & Images à cette série sans dialogues ni commentaires ? Le paradoxe n’est qu’apparent, puisque les scénarios de Céline Fraipont, d’une précision de mécanisme d’horlogerie, valent texte, en quelque sorte : aux enfants de se la raconter, l’histoire, en même temps que leurs yeux courent de case en case. Tome 18 de la série, Superpoilu vient de paraître chez Dupuis.

Prix Scam de l’essai, Vinciane Despret pour Au bonheur des morts, éd. Les empêcheurs de penser en rond/la découverte, 2015.

"Que diraient les morts si on leur posait les bonnes questions ? Vinciane Despret, philosophe, à qui l’on doit des ouvrages d’éthologie mais aussi de psychologie, aborde ici le bonheur de fréquenter les morts. Elle souligne la ténuité de la frontière entre réalité et imagination pour signaler, en s’appuyant sur divers témoignages, l’inventivité des humains dans la relation à leurs défunts. Un essai passionné, surprenant, émouvant."

Prix Scam de littérature, Kenan Görgün pour Rebellion Park, éd. Vents d’ailleurs, 2014.

Dans ce roman-reportage très librement construit, Kenan Gorgun nous entraîne à sa suite en pleine occupation du parc Gezi à Istambul. Nuit après jour, au fil de rencontres, d’affrontements, d’échappées à la violence policière, il se fait le scribe d’une rébellion qui, d’écologique, s’étend rapidement à tout ceux qui contestent le pouvoir. Témoin des contradictions de la Turquie, il dénonce avec ironie et panache un régime liberticide.

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